22 Novembre
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Lindus,mirador de la frontière

LINDUS, MIRADOR DE LA FRONTIERE

 

 

Entre les cols frontaliers d'Ibañeta et d’Urkiaga, se dresse le dôme de Lindus. Ce sommet culminant à 1221 m est un magnifique mirador sur la frontière.

Sur le sommet de Lindus se trouve la borne 153 de la division internationale, mais c’est aussi une borne entre les vallées d’Erro, Burguete, Orreaga (Roncesvalles) et les Aldudes.

D’autre part Lindus a aussi une importance historique, car depuis son sommet, on peut très bien observer les mouvements autour de la frontière, tout au long des siècles.

Même si les limites locales entre les vallées existent depuis des temps très anciens, la frontière moderne entre la France et l’Espagne fut établie en 1856.

Précédemment, il y eut plusieurs tentatives infructueuses pour établir cette frontière et notamment sur le territoire des Aldudes. Connu aujourd’hui sous le nom de kintoa (Pays de Quint), en souvenir du tribut payé au roi de Navarre, c’est aujourd’hui un espace transfrontalier qui occupe la partie sud de la Vallée de Baigorri et la partie nord de la Vallée de Erro et une petite partie du Baztan.

Une des spécificités de la zone est que seuls les habitants de la Vallée de Baigorri peuvent utiliser les pâturages avec leur bétail dans la partie appelée ¨Quinto norte¨, après paiement d’une taxe. Ce fut l’unique solution pour résoudre un vieux conflit entre vallées voisines. Ce litige séculaire fut finalement réglé grâce au traité de Bayonne(1856) qui établit le bornage définitif de la zone.

Contrairement aux passages connus d’Urkiaga et Valcarlos et leurs postes de douanes, il existe des vieux chemins quasi exclusivement utilisés par les éleveurs du Baztan et Baigorri.

Depuis Urepel jusqu’à Espinal ou à Sorogain, les Baigorriars allaient par un sentier sur les flancs du Txasperro.

Pour rejoindre Burguete, on passait par Burdinkurutz. Ces chemins étaient aussi utilisés par les éleveurs du Baztan qui avaient le droit de les emprunter en direction des pâturages de Burguete (chemin neutre).

Ces anciens chemins furent aussi utilisés pour la contrebande. C’est pour cela que, même si il n’y avait pas de douane, la zone était très contrôlée par les militaires espagnols qui élevèrent au sommet de Lindus, un fort nommé ¨El Castillo¨.

Les fossés et tranchées que l’on peut observer aujourd’hui appartenaient à cette fortification utilisée lors des guerres de la Convention (1793-1794) et servait à protéger les alentours des fabriques d’armes d’Orbaitzeta et Eugi.

On peut aussi observer les bunkers de la ligne ¨Guttierez¨ (ou ligne des Pyrénées) construits par le régime franquiste dans les années 1940 pour faire face à une éventuelle invasion militaire.

 

 

 



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